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Interview avec Serge d’IA-VIP, un investisseur dans la valeur

Interview avec Serge d'IA-VIP Aujourd’hui, j’interview Serge d’IA-VIP, un investisseur dans la valeur. Estimant sa vision de l’investissement intéressante, j’ai souhaité vous faire partager cette discussion.

Bonjour Serge et bienvenue sur culture financière. Peux-tu te présenter brièvement s’il te plaît ?

Bonjour Phil. Je m’appelle Serge, j’aurai bientôt 28 ans et je suis président de la société International Advisors – Value Investment Partnership (IA-VIP, dont le site est www.ia-vip.com).

Je suis responsable de la gestion financière de la société et réalise également des interventions de conseil dans le domaine bancaire. Pour donner une idée plus concrète, je délivre actuellement une prestation liée au contrôle de gestion du cash pour une banque allemande. Dans notre société, nous avons à la fois des connaissances opérationnelles et des connaissances sur les systèmes d’information bancaire, et pouvons de ce fait intervenir à plusieurs niveaux.

Nous délivrons aussi des prestations d’aide à l’analyse financière et d’aide à la construction de portefeuille aux particuliers : c’est une activité tellement passionnante !

Par ailleurs, je suis l’un des auteurs du blog Be Rich Corp, qui a vocation à faire partager nos passions : l’investissement en fait grandement partie. J’ai un certain besoin de prêcher dont j’ignore la cause…
Nous essayons de nous démarquer en publiant un contenu original totalement gratuit. Il est parfois assez pointu mais nous vulgarisons au maximum, et échangeons beaucoup avec nos lecteurs qui nous posent plein de questions, ce qui permet, je l’espère, une bonne compréhension au final. Nous recevons la plupart du temps entre 700 et 1000 visites par jour en ayant démarré fin avril : c’est tout à fait inattendu et cela nous touche beaucoup !

Quel est ton parcours professionnel ?

J’ai commencé en tant qu’ingénieur en 2007 : nous avons apparemment au moins un point commun tous les deux ! J’ai travaillé dans les télécoms et les systèmes d’information. Ensuite, j’ai évolué vers le conseil, d’abord en SI, puis en organisation, et enfin en finances. Finalement, je me suis enfin résolu à créer une société en septembre 2011, et c’est ce qui, je crois, me convient le mieux !

Quel type d’investisseur es-tu ?

Je suis un investisseur dans la valeur et j’investis à long terme uniquement.
Je considère qu’investir à court terme est futile : il faut du temps à une entreprise pour évoluer.

Quelle est ta définition de l’investissement dans la valeur ?

Pour moi, il s’agit de trouver des sociétés cotant en-dessous de leur valeur intrinsèque et de prendre une participation dans celles-ci. Ensuite, on attend patiemment que le gap entre le prix proposé sur le marché et la valeur intrinsèque de l’entreprise se renferme. Il y a plusieurs façons de procéder pour investir ainsi : c’est alors une affaire de style. Certains se concentreront sur la recherche de sociétés sous-valorisées par rapport à leurs actifs, d’autres privilégieront une sous-valorisation par rapport à la capacité bénéficiaire et/ou au potentiel de croissance rentable.

Dans notre démarche, nous privilégions la sous-valorisation par rapport aux actifs et à la capacité bénéficiaire. Je dis cela pour être clair, mais, dans la réalité, nous ne distinguons pas les deux dans notre approche, ce qui est une spécificité assez forte.

Il est par ailleurs important pour un investisseur dans la valeur de savoir contrôler ses émotions et de tenir à ses convictions si les faits opérationnels le justifient : en effet, ce n’est pas parce que vous avez acheté des actions dans une société pour pas cher que le prix ne baissera pas encore ! Il faut pouvoir résister psychologiquement et garder le cap : sans cela, tout investissement est futile…

Comment procèdes-tu pour rechercher des entreprises sous valorisées ?

J’analyse toutes les entreprises qui me tombent sous la main. J’ai fini d’analyser la liste des entreprises cotées à la bourse de Paris en 2010 et continue régulièrement ce processus pour les entreprises de la bourse de New York dans les différents indices. On peut dire que nous avons une certaine connaissance des entreprises du S&P 500 et du Russell 3000.

Plus récemment, je me suis aussi attaqué à la bourse de Hong-Kong : les standards de reporting et le niveau de transparence y sont très élevés, et nous sommes confiants sur notre capacité à investir sur ce marché, même si nous avons tendance à privilégier les entreprises des pays que nous connaissons (US, France, UK, et Allemagne principalement).

Nous analysons aussi les situations de restructuration (spin-offs, redressements, liquidations notamment).
Nous n’utilisons pas de méthodes mécaniques.

Quels sont les critères que tu analyses avant d’investir dans une entreprise ?

Avant tout, j’essaie de comprendre l’activité de l’entreprise. Voici quelques questions que je me pose : Quelle est son utilité économique (positionnement sectoriel, quels produits et services délivre-t-elle, etc.) ? Quelle est sa vocation (générer du cash pour ses actionnaires, détenir des actifs, convertir les actifs, etc.) ? Quelle est sa position compétitive ? A-t-elle des avantages compétitifs qu’elle peut conserver dans le temps ? A-t-elle une niche ?

Ensuite, je regarde principalement le bilan, le compte de résultats et les flux de trésorerie. Il s’agit ensuite pour moi d’ajuster le bilan par rapport à ce que j’estime être la juste valeur des actifs et des dettes (qui ne saurait être reflétée par les standards comptables, car ils ne sont pas faits pour cela). A ce stade, j’ajuste non seulement les actifs et les dettes du bilan, mais je fais aussi rentrer des actifs et des dettes hors bilan.

Enfin, je regarde le parcours du top management dans le passé et leur rémunération afin de déterminer si celle-ci est conforme à l’intérêt des actionnaires.

Comment détermines-tu la valeur intrinsèque d’une entreprise ?

Une fois que j’ai fait les ajustements qui me semblaient nécessaires au bilan, je prends les actifs et j’en soustrais les dettes, tout simplement.

Quelle marge de sécurité minimale utilises-tu ?

50% est le minimum vital pour moi. En effet, quel que soit le degré de connaissance du business que tu as acquis par ton analyse, il y a forcément des imprécisions ou des incertitudes. Il me semble absolument nécessaire de couvrir les risques d’erreur potentiels, et je constate empiriquement qu’à chaque fois que j’ai pris une marge de sécurité supérieure à 50%, on a toujours pu se couvrir contre les pertes permanentes en capital, et, le plus souvent, générer de jolis retours sur investissement.

Merci pour cette interview. Je te laisse le mot de la fin…

Phil, je te remercie également, ainsi que tes lecteurs pour l’attention que vous m’avez accordée. Je me permets de recommander à tous de continuer à lire ton blog et toutes autres sources d’information sur les investissements (Be Rich Corp par exemple :)).

A l’attention de ceux qui souhaitent se lancer dans l’investissement par eux même : je vous invite à analyser un maximum de sociétés (car c’est en forgeant que l’on devient forgeron) et à ne jamais oublier qu’il faut être émotionnellement solide. Le seul fait que les cours bougent tous les jours démontre la folie du marché et il est impératif de s’en détacher pour bien investir : en effet, chaque entrepreneur sait parfaitement bien que la valeur de son entreprise ne change pas tous les jours, ni même tous les mois, tout comme tout investisseur chevronné dans l’immobilier sait que la valeur de ses biens ne fluctue pas tous les jours, ni même tous les ans, et cela bien que les prix fluctuent. C’est précisément cette irrationalité au niveau des prix qui permet à l’investisseur intelligent de s’enrichir !

A tous ceux qui souhaitent confier la gestion de leur patrimoine à un ou plusieurs tiers, je recommanderai également de se cultiver un maximum sur le sujet afin de pouvoir évaluer correctement la compétence des tiers en question.
N’oubliez pas que les auteurs du blog Be Rich Corp sont en mesure de répondre à vos interrogations et vous accompagner dans votre démarche : nous vous invitons donc à nous poser vos questions !
Merci encore à vous tous !

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15 commentaires

  1. Bonjour Phil et bonjour Serge,

    Que voilà une belle interview !

    Serge, nous avons beaucoup de points en commun dans l’investissement boursier.

    Sauf un et pas des moindres, mais tu le sais. En reprenant ces phrases, je ne corrige qu’un seul mot. Je te cite :

    « Je suis un investisseur dans la « valeur » >> l’analyse graphique et j’investis à long terme uniquement.
    Je considère qu’investir à court terme est futile : il faut du temps à une entreprise pour évoluer ».

    Alexandre

  2. Bonjour à vous deux et merci pour cet interview, je pensais au départ lire la présentation d’un chef d’entreprise mais en faite pas du tout.
    Tu es comme nous, après t’être impliqué dans le domaine des télécoms (j’imagine en société de service?), tu as basculé dans le domaine de l’investissement et la création d’entreprise, chapeau.
    Cet interview est instructif et rappel les quelques valeurs à connaitre inéluctablement.
    Je vais jeter un oeil sur ton site tiens.
    Article récent de Phillipe : Comment devenir riche : La réussite de Steves Jobs (Apple)My Profile

    • Bonjour Philippe et Alexandre,

      Merci pour vos commentaires et votre intérêt pour le contenu.

      @ Philippe : En effet, je suis une personne comme tout le monde. J’ai travaillé aussi bien en tant qu’interne dans les entreprises (au début) puis ai évolué vers le conseil (avec principalement des prestations en amont de la prise de décision) et la prestation de services pour mettre en oeuvre les conseils.
      En fait, je n’ai pas vraiment basculé vers l’investissement, car la finance et l’analyse des entreprises sont mes vraies passions : simplement, je n’ai jamais pu trouver un travail dans ce domaine et il fallait bien que je survive en attendant des temps meilleurs. Je me rends compte aujourd’hui que je n’ai pas choisi la meilleure voie car j’aurais pu commencer à entreprendre plus tôt et vivre bien mieux, mais qu’importe : l’expérience, quelle qu’elle soit, est toujours positive car on apprend beaucoup de ses erreurs ! C’est d’ailleurs pareil en investissement.

  3. Bonjour à tous,
    Je pense que pour les investisseurs en herbe qui « se cherchent », cette interview peut être intéressante à lire et à lire : son contenu est riche en enseignement !
    En tout cas, merci Serge pour cette interview, j’ai apprécié nos échanges 🙂
    Bonne soirée

  4. Bonjour,

    Merci à Phil et à Serge de partager ainsi votre expérience.
    Je suis interpelé par la marge de sécurité ciblée par Serge.
    Personnellement, j’ai déjà du mal à investir avec une marge de sécurité de 20 à 30% !
    Cibler 50% minimum, cela doit supposer une bonne dose de patience (attendre que le cours baisse suffisamment pour investir, puis qu’il remonte pour atteindre la valorisation prévue) ou de recherche (trouver les pépites non encore exploitées par le grand nombre et donc sous-valorisées, et espérer qu’elles seront ensuite reconnues par « le marché » à leur juste valeur).
    Serge, pouvez-vous nous en dire plus concernant le facteur temps ? Combien de temps maximum avez vous par exemple du attendre avant d’acheter ou de revendre une valeur ?

    • Bonjour Buck,

      Je ne suis pas pressé.
      Pour le moment, j’ai attendu un peu plus de 8 ans maximum avant de vendre. Pour l’achat, il m’est arrivé de suivre une entreprise 7 ans avant de l’acheter, et je n’ai toujours pas pu acheter plusieurs centaines d’entreprises qui me semblaient viables !

      Cela dit, il m’est aussi arrivé d’acheter une entreprise avec une MOS de 90% et de voir le cours faire x10 en à peine plus d’un an. Comme quoi, tout arrive !

      Personne ne peut nous forcer à prendre position, et nous avons encore le temps avant notre retraite, n’est-ce pas ? Ainsi, nous prenons simplement ce qui nous plait vraiment, sans compromis en termes de prix !
      En réalité, alors que nous suivons plusieurs milliers d’entreprises, nous n’avons jamais eu plus de 16 positions dans notre portefeuille de participations.

    • Bonjour Buck,
      Personnellement, si la priorité n°1 est de ne pas perdre d’argent, je ne trouve pas qu’une marge de 50% soit trop importante.
      1) Quand on évalue la valeur réelle d’une société, des données subjectives et des approximations interviennent. Alors comment éviter de se tromper ? En prenant une marge de sécurité importante. Imaginons que j’ai évalué une société X à 15€ (sur des éléments tangibles), et bien en l’achetant à 7,5€, j’ai de très faibles chances d’avoir sur-payé cette entreprise, et de très fortes chances d’avoir réalisé une belle opération.
      2) Qui peut prédire le futur d’une entreprise ? Personne. Peut être qu’elle va réaliser de plus en plus de bénéfices ou bien de moins en moins… Je ne suis pas devin donc je me protège avec ma marge de sécurité.
      Comme vous l’avez souligné, une grosse marge de sécurité nécessite parfois d’attendre très longtemps des « occasions immanquables ».
      Je pense qu’il vaut mieux parfois ne rien acheter durant quelques mois voire quelques années, plutôt que d’acheter tout ce qui semble un peu décoté.
      Bonne soirée

  5. « Une fois que j’ai fait les ajustements qui me semblaient nécessaires au bilan, je prends les actifs et j’en soustrais les dettes, tout simplement. »

    C’est pour la valeur des actifs mais certaines société peuvent être évaluer à partir de leur bénéfices ?

    • Absolument Philippe !

      En fait, dans ma démarche, les actifs sont réévalués pour tenir compte de leur capacité à générer du cash dans le temps (ce qu’on pourrait appeler le cash engendrable par les actifs) et des avantages compétitifs (ex : la structure de coût fixes très basse chez Mc Donald’s par rapport à ses concurrents et sa capacité à emprunter à des taux extrêmement bas par rapport à la concurrence). Ainsi, la capacité bénéficiaire entre déjà dans mon estimé de la valeur des actifs.
      Je conçois que cette démarche est assez spécifique et peu populaire à ma connaissance. De plus, elle nécessite plus de travail que certaines démarches plus classiques. Toutefois, elle me paraît tout à fait logique et me force à bien comprendre l’entreprise. C’est un avantage non négligeable !

  6. Excellente cette interview! Merci

  7. Super Interview de Serge, sur l’investissement dans la valeur.
    Je suis pas dans le meme secteur (plutot du cours terme) mais je suis de pret tous ca.
    J’ai commencer d’ailleurs par la bourse avant d’arriver ou j’en suis (Forex).

  8. C’est vrai qu’investir dans le court terme ne sert à rien ! Dejà le mot investir a tout son sens : dépenser maintenant pour gagner plus tard ! Joli profil en tout cas, bonne continuation.
    Article récent de l-assurance : Bonjour tout le monde !My Profile

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