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La signification des termes boursiers EBIT et EBITDA

La signification des termes boursiers EBIT et EBITDAAujourd’hui, nous allons nous intéresser à deux termes très répandus dans l’univers de la bourse, à savoir l’EBIT et l’EBITDA. Qui n’a jamais entendu ou lu à propos d’une entreprise que son EBITDA a progressé de 10% l’an passé ou que son EBIT s’élève désormais à 25 millions d’euros ?

Dans cet article, nous allons tenter de démystifier ces termes anglo-saxons indispensables lors d’une analyse financière d’entreprise 🙂

  1. EBITDA
  2. EBIT

EBITDA

Le sigle EBITDA signifie en anglais Earnings Before Interests Taxes & Depreciation and Amortization, littéralement les bénéfices avant la prise en compte des intérêts financiers, des impôts sur les bénéfices ainsi que des amortissements et dépréciations comptables.

Qui dit « bénéfices », dit généralement compte de résultat.

Pour comprendre ce sigle un peu barbare, établissons la structure d’un compte de résultat, permettant de savoir si l’entreprise a réalisé ou non des bénéfices lors des douze derniers mois. Vous trouverez entre parenthèses la traduction anglaise de chacun des termes.


Compte de résultat simplifié (par fonction)
+ Chiffres d’affaires
(Sales)
– Coût des produits vendus
(COGS : Cost Of Goods Sold)
Marge brute
(Gross margin)
– Frais administratifs et commerciaux
(SG&A : Selling General and Administrative)
– Frais de recherche en développement
(R&D : Research and Development)
EBITDA
– Dépréciations & amortissements
(D&A : Depreciation and Amortization)
Résultat opérationnel
(EBIT : Earnings Before Interest and Taxes)
– Intérêts financiers
(Interest expense)
Bénéfices avant impôts
(EBT : Earnings Before Taxes)
– Impôts sur les bénéfices
(Income taxes)
Bénéfices nets
(Net income)

Vous l’aurez sans doute compris, l’EBITDA est un solde intermédiaire du compte de résultat.

EBITDA = Chiffres d’affaires – Coût des produits vendus – Frais administratifs et commerciaux – Frais de recherche de développement

L’EBITDA permet de mesurer les profits générés par l’exploitation indépendamment de la politique d’investissement (comprise dans les amortissements), de financement de l’entreprise (les emprunts engendrant le paiement d’intérêts financiers) et de la fiscalité (impôts sur les bénéfices).

Dit autrement, l’EBITDA représente les bénéfices que l’on pourrait tirer de l’activité opérationnelle sans réaliser d’investissements pour la maintenir ou la développer.

L’intérêt de cet indicateur est qu’il permet de comparer strictement la performance opérationnelle des entreprises entre elles, même lorsqu’elles évoluent dans des pays différents (avec des coûts du crédit, une fiscalité et des normes comptables différentes).

Dans la comptabilité française, il n’a pas d’équivalent exacte mais il s’approche fortement de l’excédent brut d’exploitation.

Il est intéressant de remarquer que l’EBITDA est très utilisé lors des acquisitions d’entreprises : ainsi, lorsqu’une entreprise en rachète une autre, il n’est pas rare que la transaction se fasse en payant un multiple de l’EBITDA de l’entreprise achetée. Par exemple, lorsque Numericable a racheté SFR en 2014, l’entreprise absorbante (Numericable) a payé 6,5 fois l’EBITDA de l’entreprise absorbée (SFR).

Enfin, une entreprise qui réalise pendant plusieurs années un EBITDA négatif a sans doute de gros problèmes opérationnels (business model non viable ?) puisqu’elle ne produit pas de valeur (avant même de payer les investissements, les dépenses financières et les taxes).

EBIT

L’EBIT quant à lui signifie Earnings Before Interets and Taxes, littéralement les bénéfices avant la prise en compte des intérêts financiers et des impôts sur les bénéfices.

Il se calcule très facilement depuis l’EBITDA :

EBIT = EBITDA – DA

où DA signifie Dépréciations & Amortissements.

Donc, pour obtenir l’EBIT depuis l’EBITDA, il suffit d’y soustraire les dépréciations & amortissements comptables (qui représentent l’amortissement des précédents investissements).

L’EBIT mesure ainsi la profits générés par l’exploitation en prenant en compte la politique d’investissement permettant de renouveler voire de faire croître l’outil de production.

En comptabilité française, ce solde intermédiaire s’appelle le résultat d’exploitation.

Pour terminer, il reste à déduire de l’EBIT les intérêts financiers (le I de EBIT) et les impôts (le T de EBIT) sur les bénéfices pour obtenir le fameux résultat net 🙂

Pour l’anecdote, j’aime bien utiliser le ratio Dettes / EBIT pour savoir en combien d’années l’entreprise pourrait rembourser sa dette sans mettre en péril son exploitation (puisque les investissements sont payés) : ainsi, ce ratio est très utile pour mesurer l’endettement d’une entreprise.

A bientôt !
Phil

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6 commentaires

  1. Personnellement, lorsque j’analyse une entreprise, ce qui m’intéresse de savoir c’est quel est le bénéfice net, celui où tout a été déduit, la véritable capacité bénéficiaire de la société. Tour le reste, n’est bon que pour les entreprises non rentable au net.

    Pour l’actionnaire, ce qui compte vraiment, c’est le bénéfice net et rien d’autres, le succès financier d’une entreprise repose sur sa capacité à générer un bénéfice net en croissance d’année en année.

    Martin
    http://www.investir-a-la-bourse.com

    • Merci pour cet avis tranché Martin !

      Personnellement, je pense que pour les investisseurs désireux de comprendre le contenu des rapports annuels des entreprises, assimiler les termes EBIT & EBITDA ne serait pas du luxe 🙂

      Phil

      • Excuse moi Phil, je ne voulais pas paraître trop tranchant, mais il faut admettre que ce sont souvent les entreprises qui n’ont pas atteint le seuil de rentabilité qui utilisent les termes EBIT ET EBITDA, les entreprises rentables et prospères vont simplement utiliser le terme bénéfice net ou résultat net.

        Martin
        http://www.investir-a-la-bourse.com

      • Je comprends tout à fait ton point de vue Martin 🙂

        Il est vrai qu’il ne faut pas confondre l’EBITDA avec les bénéfices nets puisqu’il reste à l’entreprise à payer les D&A, les intérêts et les impôts.
        Et parfois, il ne reste plus rien 😀

        Phil

  2. Je ne suis pas un expert comptable mais je crois comprendre que la gestion financière est plus ou moins efficace pour réduire la « pression fiscale ». Par exemple, une pratique comptable est d’amortirà vitesse grand V pour réduire la fiscalité. Dans ce cas, l’EBIT est plus favorable… mais temporairement seulement.

    Il me semble que l’EBITDA permet de gommer ces manipulations comptables, non ?

    • Bonsoir Petit Richard,

      Effectivement, en amortissement agressivement, on augmente le poste « Dépréciations & amortissements » (DA) qui vient ensuite diminuer le résultat imposable.

      EBITDA – DA = EBIT

      Par conséquent, l’EBIT est plus petit et l’entreprise payera moins d’impôts 🙂

      C’est une manière de déporter l’imposition dans le temps et de conserver un maximum de cash pour mieux le réinvestir.

      L’EBITDA étant par définition calculé avant la prise en compte des « Dépréciations & amortissements », il ne tient pas compte de la politique d’amortissements de l’entreprise.

      Bonne soirée,
      Phil

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