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Vente de mes actions Peugeot

Vente de mes actions PeugeotIl y a un an, au mois d’octobre 2012, je me suis porté acquéreur d’actions du groupe PSA – Peugeot Citroën. Un an plus tard, j’ai décidé de m’en séparer après une belle plus value.

Dans cet article, j’ai souhaité vous exposer les raisons de cet investissement ainsi que les leçons que j’ai pu en tirer.

  1. Ma thèse d’investissement initiale
  2. Une nouvelle valorisation éclairée
  3. Un investissement formateur

Ma thèse d’investissement initiale

Avant d’acheter des parts dans une entreprise, il convient de l’analyser afin de déterminer sa valeur réelle.

Pour ce faire, j’ai utilisé la méthode de valorisation selon les actifs détenus par l’entreprise. Grosso modo, j’ai réajusté les postes du bilan afin qu’ils reflètent leurs valeurs économiques actuelles puis j’en ai déduit la valeur intrinsèque de l’entreprise en calculant l’actif net (somme des actifs – somme des dettes).

Ainsi, j’ai déterminé en octobre 2012 qu’une action Peugeot valait entre 11€ et 13€ (actif net / nombre d’actions).

Étant donné que le marché me la proposait au prix de 5,5€ l’unité, j’avais une marge de sécurité suffisante (la différence entre le prix et la valeur estimée était supérieure à 50%) et je suis donc passé à l’achat.

Une nouvelle valorisation éclairée

Puis, en septembre 2013, j’ai suivi une formation boursière qui m’a permis d’améliorer mes analyses financières.

Suite à cet apprentissage, je me suis dit qu’il serait sans doute judicieux de ré-analyser les entreprises détenues en portefeuille, et notamment le cas de Peugeot.

Je me suis vite rendu compte que ma précédente valorisation était très optimiste et qu’au final certains actifs ne valaient pas grand chose : par exemple, j’avais fait l’erreur de compter comme actif quelques années de dépenses en R&D et marketing comme je l’avais lu dans le livre investir dans la valeur. Avec le recul, je ne suis pas certain que ces dépenses rapportent forcément de l’argent à l’entreprise dans le futur et dans ce cas, elles ne doivent pas être comptabilisées comme un actif potentiel mais bien comme une dépense.

Ainsi, lors de ma seconde estimation, je n’ai pris en compte que les actifs facilement monnayables afin d’en déduire une valeur conservatrice de Peugeot. En retirant la capitalisation des dépenses en R&D, marketing et les actifs de faible qualité, je me retrouve avec une valeur intrinsèque négative : c’est à dire qu’une fois que l’on a vendu tous les actifs et payé les dettes, il ne reste plus rien à partager aux actionnaires.

Un investissement formateur

Mais comment peut-on passer estimer qu’une entreprise vaut 11€ puis 1 an plus tard, rien du tout ?

La réponse est très simple : valoriser une société est un art, pas une science exacte et cela demande des connaissances, du bon sens mais aussi de l’expérience.

Lors de ma première estimation, j’ai appliqué un peu trop naïvement une méthode exposée dans un livre : c’était clairement une erreur et j’ai omis d’agir avec « bon sens ».

Lors de ma seconde estimation, j’ai pensé avant tout à la règle n°1 en bourse : ne pas perdre d’argent. Et pour ne pas en perdre, il faut valoriser prudemment, en utilisant ses neurones et en réfléchissant à la valeur réelle de chaque actif. Étant donné que les dépenses en R&D et marketing sont conséquentes dans cette entreprise, en capitalisant 3 ans de dépenses comme un actif lors de ma première estimation, j’ai gonflé artificiellement la valeur totale de la société. Or si on ne les prend pas en compte dans la valorisation, Peugeot n’ayant pas énormément d’actifs de qualité et des dettes importantes, on se retrouve ainsi avec une valeur d’entreprise très faible voire négative.

Lorsque je me suis rendu compte de mon erreur, je n’ai pas paniqué et j’ai analysé tranquillement les différences solutions. Par chance ces derniers mois, le marché était assez euphorique et le 20 novembre 2013, j’en ai profité pour vendre mon lot d’actions au prix de 11€ l’unité, soit une plus value heureuse de 100%.

Le marché a ses raisons que les fondamentaux ignorent…

Au final, l’histoire se finit bien : une erreur d’analyse qui se transforme en joli gain grâce à l’euphorie actuelle des marchés, et une belle leçon apprise sur la valorisation.

A bientôt 🙂

NB: mes actions ont été vendues AVANT les annonces de recapitalisation probable avec le constructeur Dongfeng (fortement dilutif).

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8 commentaires

  1. Phil,

    Tu as effectivement eu de la chance que le marché ne suive pas les fondamentaux. Et puis il y en a qui peut être comme toi l’an dernier ont surévalué la société, les gérants de fonds y compris.

    Comme tu le dis, une chose très importante est d’analyser la situation en gardant la tête froide pour ne pas faire de bêtises.

    Merci pour ton retour d’expérience 🙂
    Marc.
    Article récent de Marc : Podcast : La banque en ligne, qu’est-ce que c’est ?My Profile

    • Bonsoir Marc,

      Faire des erreurs en analyse, ça m’arrive et ça m’arrivera encore dans le futur : c’est un exercice vraiment délicat que de valoriser une entreprise à partir de ses états financiers.
      Après, le fait que le marché n’est pas rationnel est parfois un atout : dans mon cas, j’ai pu m’en sortir sans soucis et généralement dans l’investissement « value » ça permet de dénicher des opportunités.

      Cordialement,
      Phil

  2. Salut Phil,

    Comme quoi, il est vraiment très difficile de valoriser une entreprise… j’ai toujours l’impression d’avoir mal évalué une certaine partie, ou oublié une autre. Au final, le cours est toujours décorrélé de la valorisation et il est très délicat de savoir à quel point.

    C’est pourquoi je préfère investir sur des sociétés solides fondamentalement (en sachant qu’il existe une grosse marge d’erreur possible) et d’acheter et vendre en fonction de signaux graphiques et techniques.

    Ben
    Article récent de Ben de Bourse Ensemble : Suivi Hebdo au 22 décembre 2013My Profile

  3. C’est bien d’être payé pour se former 🙂 Plus sérieusement, je trouve que Peugeot est très difficile à analyser de part la nature très cyclique du business et sa structure très compliquée.

    • Bonsoir Hervé,

      Un autre élément à prendre en compte dans la valorisation est la consommation importante de cash par l’entreprise.

      Pour information, j’ai payé intégralement ma formation boursière donc je ne comprends pas votre première phrase.

      Cordialement,
      Phil

  4. Hello, ne pas oublier que l entreprise a une valeur à l’instant t et aura une autre en t+1. Ceci est très important pour les cycliques.

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