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Fonds propres ou dettes financières ?

Au début de ma vie d’investisseur, je m’étais demandé pourquoi les chefs d’entreprises finançaient-ils parfois leurs projets avec l’argent des actionnaires et parfois avec celui des créanciers. Quels sont les avantages et les inconvénients de ces deux types financements pour une entreprise ? Voici quelques éléments de réponse afin de mieux comprendre ces décisions stratégiques.

  1. Les sources de financement
  2. Les fonds propres
  3. Les dettes financières
  4. Le mot de la fin

Les sources de financement

On peut décrire le patrimoine d’une entreprise à l’aide de son bilan financier :

ActifsPassifs
Bâtiments, machines, stocks, trésorerie…Capitaux propres
Dettes financières

La partie droite représente les capitaux injectés dans l’entreprise (passifs) tandis que la partie gauche symbolise leurs utilisations (actifs).

En analysant ce bilan, on constate qu’il existe deux sources de financement différentes :

  1. les capitaux propres
  2. les dettes financières

Ainsi dès qu’une entreprise désire financer un projet, elle doit choisir entre ces deux possibilités.

Les fonds propres

Les fonds propres (ou capitaux propres) regroupent l’argent apporté par les actionnaires et les bénéfices non distribués générés par l’entreprise lors de son fonctionnement.

Lorsque l’entreprise a besoin d’argent, elle peut réaliser une augmentation de capital auprès de ses actionnaires. Pour ce faire, elle va créer des nouvelles actions qu’elle va ensuite vendre, et le capital récolté ainsi va augmenter les capitaux propres.

Ce qui est très intéressant avec ce mode de financement c’est que le capital investi par les actionnaires n’a pas à être remboursé : en effet, les actionnaires ont reçu en contrepartie des actions. Ils sont maintenant co-propriétaires de l’entreprise : ils peuvent intervenir dans la gestion de l’entreprise et ils sont propriétaires des bénéfices dégagés par l’entreprise, à hauteur de leur participation bien entendu.

Le premier problème qui se pose est la dilution des actionnaires existants. Imaginons une entreprise dont le capital social est divisé en 10 actions. Comme une action est un titre de propriété, chaque action permet d’être co-propriétaire de 10% de l’entreprise (100/10).

Si lors d’une augmentation de capital, 2 nouvelles actions sont émises alors chaque action ne permettra plus que d’être co-propriétaire de 8% de l’entreprise (100/12), au lieu de 10% auparavant. Ainsi, on découpe le même gâteau (l’entreprise) en un nombre de parts plus importants (nombre d’actions) : autant dire que les anciens actionnaires ne vont pas forcément être contents de se retrouver avec une part du gâteau plus petite !

Enfin, notez que la rémunération des actionnaires (dividendes et rachats d’actions) est plutôt flexible : si l’entreprise éprouve des difficultés, elle peut tout à fait suspendre toutes rémunérations (via le conseil d’administration) afin de préserver sa santé financière.

Les dettes financières

Les dettes financières représentent le capital prêté par les créanciers (banques ou marchés financiers).

En contrepartie, l’entreprise paye des intérêts aux créanciers et s’engage à rembourser intégralement le capital emprunté.

En règle générale, la rémunération des créanciers (intérêts) coûte moins cher que celle des actionnaires (dividendes et rachats d’actions). Lors d’une faillite, les créanciers sont prioritaires sur la liquidations des actifs de l’entreprise : ils ont ainsi plus de chances d’être remboursé que les actionnaires. Comme ces derniers supportent plus de risques, ils demandent une rémunération supérieure.

De plus, l’utilisation de dettes financières augmente la rentabilité des capitaux propres : en périodes fastes, les actionnaires génèrent plus de bénéfices avec le même montant de capitaux propres.

Cependant, l’utilisation de dettes financières est plus contraignante et dangereuse : le capital emprunté doit être remboursé et les intérêts payés en temps et en heures, quelle que soit la situation financière de l’entreprise.

De plus, il n’est pas rare que des covenants accompagnent le contrat de prêt : ce sont des clauses qui peuvent entraîner le remboursement anticipé du prêt si la santé financière de l’entreprise se dégrade. Autant dire que ça peut faire très mal en période de récession de l’activité…

Le mot de la fin

Vous l’aurez sans doute compris : chaque source de financement a ses avantages et inconvénients et selon le contexte, il vaut mieux utiliser les fonds propres ou l’endettement.

Les fonds propres sont flexibles mais coûteux tandis que les dettes financières sont moins onéreuses mais plus dangereuses, notamment en périodes de difficultés économiques.

A bientôt !
Phil

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11 commentaires

  1. Salut Phil,

    Un bon résumé du mode de financement des entreprise 🙂

    Il y a aussi l’exemple des grandes entreprise de l’informatique, les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).
    Qui ont souvent un gros trésor de guerre de plusieurs milliards de dollars en dehors des USA.
    Le soucis c’est que s’ils veulent rapatrier cet argent ils vont devoir payer un gros impôt sur les sociétés…
    Alors qu’en empruntant à des créanciers les intérêts leurs coutent bien moins cher.
    C’est pour cela que l’on voit ces grosses entreprises emprunter des milliards alors qu’elles ont beaucoup plus d’argent en réserve.

    Voilà pour la petite parenthèse 😉
    Marc.
    Article récent de Marc de Mieux gérer son argent : Un budget auto qui peut vite peser lourdMy Profile

  2. Bravo pour ce thème trop peu traité sur l’internet.

  3. L’impact financier d’une solution ou d’une autre doit se faire au cas par cas. J’avais toujours pensé (pour mes besoins personnels) que l’utilisation de ses économies était plus rentable. Je me suis rendu compte qu’il y a quelques temps que c’était faux. Une vieille croyance de mes parents que je portais!
    Article récent de Miguel : La déclaration d’impôts des indépendants: Cotisations sociales, PLCI & EIPMy Profile

    • Complètement d’accord Miguel. Je me suis rendu compte, un peu tard, qu’on devient riche beaucoup plus vite avec un effet de levier (en empruntant). C’est l’intérêt de l’immobilier. Les banques ne prêtent pas pour investir en bourse.

      • Tu fais de l’immobilier locatif JL ? Je ne savais pas 🙂

      • Hé non, justement, je viens juste de vraiment comprendre l’intérêt de l’immo locatif (à la manière daubasse : grosse décote pour avoir un gros rendement brut). Si j’avais compris avant, je l’aurais fait, c’est utile pour se faire une première épargne. Maintenant j’ai mon épargne et je suis lancé en bourse, c’est moins utile.

  4. Bonjour,
    Je voudrais savoir par rapport au bilan d’une entreprise si ce que j’ai appris est vrai ou faux.
    Dans le bilan de l’entreprise je vois un ligne dans les passifs nommée total capitaux propres.
    Est -ce que c’est l’équivalent de l’actif – les dettes?
    et si je divise ce chiffre par le nombre d’actions et que ce chiffre est au dessus du cours de l’action
    cela voudrai dire que l’action est sous évaluer?
    Merci pour tes différents article sur le blog qui sont très intéressant.

    • Bonsoir Vincent,

      Par convention, un bilan comptable est toujours équilibré : actifs = passifs
      Comme les passifs sont composés des capitaux propres + des dettes, alors actifs – dettes = passifs – dettes = capitaux propres.

      Les capitaux propres est une notion comptable représentant le capital apporté par les actionnaires dans l’entreprise ainsi que les bénéfices mis en réserve/pertes.
      La capitalisation boursière représente la valeur estimée par les marchés financiers des capitaux propres de l’entreprise.

      La question est donc : est-ce que la valeur d’une entreprise est égale à sa valeur comptable ?
      Non, car un bilan financier suit des règles comptables qui ne traduisent pas forcément la valeur économique d’une entreprise.
      Parfois, les actifs valent beaucoup plus (ou beaucoup moins) que la valeur portée au bilan. Idem pour les dettes.

      Prenons un exemple extrême : les sociétés de services en informatique, qui louent des ingénieurs à la journée à des clients.

      Au bilan à l’actif, on trouvera de la trésorerie, des créances clients, et des ordinateurs. Au passif, quelques dettes.
      Peut-on dire que la valeur réelle de cette entreprise sera égale à trésorerie + créances + ordinateurs – dettes ?
      Non, car une bonne partie de la valeur de l’entreprise résidera dans la matière grise, c’est à dire dans son personnel qualifié qui est facturé chaque jour pour ses prestations. Or ça n’apparaîtra pas au bilan…

      J’espère t’avoir éclairé un peu 🙂

      Bonne soirée,
      Phil

      • Merci Phil,

        je me suis dit que ça devais pas être aussi simple.Le mieux serai de faire soi-même un synthèse du bilan en prenant en compte tous ce qui nous intéresse pour pouvoir trouver et évaluer la valeur de l’entreprise.

        Où peut-on trouver des données qui nous intéresse outre que le bilan de l’entreprise?

        Bonne soirée

      • Le plus simple est de lire les rapports annuels disponibles sur le site de l’entreprise sur plusieurs années : c’est long et fastidieux mais ça aide à bien cerner une entreprise et son business 🙂

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